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 On a pas besoin de quoique ce soit, juste de rêves et de sommeil. [PV IRWIN.]

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MessageSujet: On a pas besoin de quoique ce soit, juste de rêves et de sommeil. [PV IRWIN.]   Sam 18 Fév - 10:37

    Le vent soufflait fort sur les hauts brins d'herbes du pré. On aurait cru qu'il avait une vie propre et qu'il dansait au rythme de la musique de l'air. Certaines fois, il entraînait les feuilles mortes des arbres alentours dans un tango endiablé, ou forçait les courant de la rivière à accélérer et tourner comme une valse. Continuant sa course musicale, cette matière inconsistante rencontra un obstacle. Elle le contourna, soufflant sur son chemin dans ses longs cheveux.

    Des mèches blanches voletèrent, puis furent retenues par leurs racines. Virevoltant, elles semblèrent saluer le vent qui s'éloignait, avant de se reposer calmement sur les épaules de leur propriétaire. Calmement, c'était le mot. Celui qui les définissait, comme celui qui définissait leur propriétaire toute entière. Ses pupilles bleues étaient voilées par ses paupières closes, et sa robe blanche ondulait sur la terre et sur ses jambes repliées. Dans un soupir bruyant, elle se laissa basculer en arrière, et ses mèches blanches s'éparpillèrent sur le sol. Les brins d'herbes dépassaient désormais la déesse.

    Sia était visible aux yeux humains, mais ce n'était pas vraiment voulu. Autant dire la vérité, elle portait très peu d'importance à sa visibilité, et elle se fichait totalement que les enfants d'Atlantide puissent la voir. Surtout dans ce pré, où rares étaient les passants autres qu'animaux. C'est pourquoi c'était un de ses endroits préférés. Ici, elle pouvait écouter tranquillement la musique du silence, à son gré, et sans interruption aucune. C'était ce qu'elle aimait le plus : la paix. Tant qu'elle pouvait se retrouver seule et ne rien faire, elle n'avait pas besoin de quoique ce soit.

    La divinité ouvrit ses yeux sans fonds et fixa son regard sur le ciel. Sur les nuages, plus précisemment. Un souvenir lui vint. Lorsqu'elle était jeune, elle s'allongeait dans l'herbe avec quelqu'un, et elles s'amusaient à trouver des formes aux nuages. Une fois, l'autre personne avait trouvé un bonhomme en pain d'épice dans ces dessins naturels, et elles avaient éclatées de rires ensemble lorsque Sia avait demandé à le manger. Elle se rappela lui avoir demandé pourquoi aucun nuage n'avaient la forme d'oiseaux, et s'être fait répondre que les oiseaux étaient déja assez proches du ciel comme ça. Cherchant dans sa mémoire, la déesse neutre ne parvint à se souvenir ni du visage, ni du nom de la personne. Pourtant sa voix était très claire dans son crâne, tout comme le sentiment intense d'amour qui l'habitait à ce moment-là. Qui étais-ce ?

    Décidant que si ça avait été important, elle s'en serait souvenu, Sia referma les yeux. Aspirant un grand coup, ses pensées divaguèrent vers ses soeurs. Que faisaient-elles en ce moment ? Où étaient-elles ? Etaient-elles tristes ? Et si elles avaient besoin d'elle ? Elle relâcha l'air de ses poumons. Non, tout allait bien. Elle le sentait. Sans comprendre pourquoi, elle avait l'impression d'être connectée à elles, irrémédiablement. Elle se surprit à se demander si c'était également leur cas. Certainement pas, vu leur relation l'une à l'autre. La déesse soupira. Pourtant, il lui semblait les avoir déja vues toutes les deux se serrer dans leurs bras et rire ensemble. Lorque Rea était enfant certainement, il y a bien longtemps. Mais est ce que cela importait réellement ? Non, rien n'avait d'importance.

    L'éternelle indifférente tendit le bras au dessus de son visage et ouvrit la main. Il y apparut immédiatement une tasse de thé. Elle se redressa et le sirota paisiblement. Enfin, paisiblement, jusqu'à ce qu'un lapin ne lui saute dessus, la faisant par ce fait lâcher sa tasse. D'un claquement de doigt, les débris disparurent, et l'immortelle caressa le rongeur, en tentative de l'apaiser. Voyant qu'il ne se calmait pas, elle utilisa ses dons pour arriver à son but, et il partit en se dandinant. En prenant appui sur le sol, elle se leva et épousseta ses vêtements. Puis elle lança un regard circulaire sur le pré, cherchant l'être qui avait effrayé le lapin. Si c'était un humain, elle serait bien ennuyée.

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    « Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ? »





Dernière édition par Sia Alehandra le Lun 20 Fév - 10:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: On a pas besoin de quoique ce soit, juste de rêves et de sommeil. [PV IRWIN.]   Dim 19 Fév - 5:49

    Je n'avais pas de travail cet après-midi là, et ça avait le don de m'agacer. Je ne supportais pas de rien faire ! Je rangeai mon bureau à la mairie, ma maison, je retournai ranger mon bureau, triai des dossiers pour me rendre compte que j'avais mal rangé quelque chose chez moi, j'oubliai de finir de ranger mes dossiers et retournai à la mairie. Quand j'eus fini mon cirque, je me laissai tomber dans le fauteuil et soufflai, épuisé. Mon rythme cardiaque s'était considérablement accéléré. Depuis que j'étais à Atlantide, je n'avais pas réussi à me calmer. On avait détecté chez moi de l'hyperactivité, sur Terre. Mon regard se tourna vers la fenêtre et je quittai la mairie pour sortir. Je prenais mon travail très à cœur, aussi je n'avais que très peu de temps pour moi et je manquais de repos. Progressant parmi les rues de la ville, je me demandais ce qui me conviendrais vraiment pour me changer les idées. Les voix des gamins m'irritaient, et quand ceux ci me rentraient dedans ou rigolaient trop fort, j'avais envie de leur botter les fesses. Ils l'auraient mérité, ces chenapans !

    J'arrivais à la lisière de la forêt. Au moins ici tout était calme, je ne risquais pas de croiser quelqu'un. Un lapin blanc mangeait une feuille, plus loin. Sans savoir pourquoi, je fus fasciné par cet être vivant si innocent. Je me posais des questions, plein de questions sur cet endroit. Alaska, Sia et Rea avaient-elles crée des illusions ou bien ce lapin était-il bien vivant, tout droit venu de la Terre ? Je ressentis le besoin d'avoir la réponse là, tout de suite. Je courus vers l'animal qui ne me facilita pas les choses en prenant la fuite. Je savais que j'étais idiot et inconscient de m'enfoncer dans la forêt sans faire attention au chemin mais ça n'avait pas d'importance. Et étrangement, ça m'amusais ... Je courais, me prenais des branches, je m'arrêtai pour respirer et repartis en courant quand je le voyais de nouveau. Était-ce comme ça que les enfants s'amusaient ? C'était puéril, et abrutissant ! Mieux valait des livres et de quoi compter. Les sciences, c'était parfait pour amuser les enfants ! Mais j'avais toujours été le seul à le penser, et toute mon enfance j'avais attendu en vain qu'on me tende la main pour jouer au ballon.

    Une seconde d'inattention, et il s'était enfuit ! Je grognai et continuai mon chemin, incapable de me souvenir d'où j'étais arrivé. Une lumière plus vive se profilait plus loin, et je me dirigeai dans cette direction. C'était sans doute une sortie, ou une clairière. Les dernières secondes me parurent interminables. Comme si une force m'éloignait toujours plus de mon but. Enfin je débouchai sur la clairière et m'appuyai contre un arbre pour reprendre mon souffle. Il y avait une fille debout qui regardait dans ma direction. A cause du soleil je n'arrivais pas à voir correctement son visage. Mettant ma main en visière, je l'interpellais et m'approchai d'avantage :

    " Hé, tu sais pas comment on retourne en ville ? Je me suis perdu ! "


    Grossière erreur que de lui avoir parlé comme ça. C'était Sia Alehandra, la grande Déesse d'Atlantide. Je me courbai instinctivement et m'excusai d'avoir employé ce ton pour m'adresser à elle. Alec, Maya et moi, qui travaillions à la mairie, avions souvent à faire aux Déesses. En fait, nous étions les seuls humains qu'elles approchaient normalement, sans artifices. Malgré tout je les respectai plus que quiconque. Je n'avais jamais été croyant pourtant il ne faisait aucun doute qu'elles n'étaient pas humaines, et qu'elles feraient ce quelle voudraient de ma personne au moindre affront. Sia n'était pas celle que je craignais le plus, mais cette indifférence et ce froid me faisaient peur. Je ne respectais pas les gens en général, parce que mon poste à Atlantide me permettait d'être supérieur aux autres enfants. Mais là je devais garder mon calme et mesurer mes propos.

    " Je ne voulais pas vous déranger, je suivais le lapin et ... "


    Il était là, plus calme. Il nous ignorait, comme si nous n'existions pas, lui qui quelques instants plus tôt fuyait comme si sa vie en dépendait. Je m'agenouillai et tendis la main vers lui. Il existait. Tout ceci existait. L'herbe sous mes pieds, le vent dans mes cheveux. Ce n'était pas illusion.
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MessageSujet: Re: On a pas besoin de quoique ce soit, juste de rêves et de sommeil. [PV IRWIN.]   Lun 20 Fév - 10:55

    Les deux pupilles bleues profondes s'arrêterent enfin sur un arbre à la lisière de la forêt. Enfin, ce n'était pas tant l'arbre qui les intéressaient que l'homme, l'enfant devrais-je dire, qui s'appuyait contre. Ces deux saphirs sombres semblèrent scanner l'individu, l'observant s'approcher d'elle de manière décontractée, voire, dans le contexte, irrespectueuse. Ses cheveux blonds volaient aux vents eux-aussi, entamant une danse avec les longues mèches blanches de la déesse. Ses yeux plissés à cause du soleil étaient verts, et il dégageait une impression nerveuse, légèrement trop active. Tellement que si Sia n'avait pas été ce qu'elle était, elle serait nerveuse rien qu'à le regarder.

    Le jeune homme ouvrit enfin la bouche. La divinité se demanda comment ses soeurs auraient réagi à sa phrase si naturelle. Alaska aurait certainement sourit et aurait trouvé ça adorable qu'on ne prenne pas toujours en compte son rang extraordinaire ; Rea, au contraire, aurait vu là une occasion comme une autre de punir un nouvel enfant, bien qu'elle n'en ait pas vraiment besoin. Mais Sia n'était pas comme ça, Sia s'en fichait. Sia ne régit pas lorsque l'humain réalisa à qui il s'adressait ; elle ne réagit pas non plus lorsqu'il s'inclina et s'excusa. Elle se contenta de garder son regard éteint sur lui, sans ne rien faire ni ne rien dire. Puis lorsque son esprit commenca à voyager, elle détourna les yeux et observa les alentours. Il était seul.

    La cadette des Alehandra se réconforta de la fin de sa solitude en mettant un bonbon dans sa bouche. Elle se rappelait que sa mère s'était habituée à lui donner une sucrerie lorsqu'elle commençait à être frustrée, et avait décidé de continuer cette tradition seule après sa Mort. Après tout, il lui était simple de faire apparaître un bout de gâteau ou une tasse de thé dans sa main dès que l'envie lui prenait, alors pourquoi s'en priver ? C'est là que le blond expliqua son intrusion dans le moment de quiétude de la déesse par une excuse tout droit sortie d'Alice au Pays des Merveilles, et caressa le lapin fuyard.

    L'éternelle indifférente proposa de cet instant pour observer les traits de visage de 'linvité surprise. Elle l'avait déja vu quelque part. Le point faible de cette déesse était très simple : elle portait si peu d'importance au monde environnant qu'elle ne parvenait jamais à mettre un nom sur les visages. Néanmoins, elle arrivait à les revoir dans un certain contexte parfois. Dans le cas de ce jeune enfant, il lui semblait l'avoir vu à la mairie. Son bonbon claqua contre son palais, lui rappelant que ledit jeune enfant devait en ce moment même être le plus gêné des employés de mairie.

    Dans un effort de présence et de sociabilité, en l'honneur de sa grande soeur qui l'aurait certainement réprimandée de rendre un de leurs "protégés" mal à l'aise, elle fit apparaître un nouveau bonbon et le lui tendit. Tant qu'il ne la regardait pas, elle essaya de sourire. Mais l'ordre qu'elle se donnait n'atteignait jamais sa bouche. Ca avait toujours été le cas ; parfois, le soir, chez elle, elle se mettait devant un miroir, et visualisait le visage de sa mère, ou de sa soeur qui lui ressemblait tant, avant d'essayer de le reproduire. Mais jamais le coin de ses lèvres ne se relevait, jamais il ne se plissait même. Une fois encore, Sia abandonna l'idée.

    « Tu travailles à la Mairie, n'est-ce-pas ? »

    La voix de la divinité, basse et posée, ravit les oreilles des animaux alentours, et entraîna les feuilles à valser plus gracieusement. C'était ainsi, les déesses influençaient les alentours au moindre mouvement, au moindre son, parfois même par leurs sentiments. Pourtant, aux oreilles de Sia, sa voix venait juste de briser la douce musique du silence qu'elle écoutait depuis tant de temps.

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    « Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ? »



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MessageSujet: Re: On a pas besoin de quoique ce soit, juste de rêves et de sommeil. [PV IRWIN.]   Sam 10 Mar - 5:05

    En fait, Sia m'effrayait plus que Rea et beaucoup plus qu'Alaska. Le problème avec elle, c'était qu'on ne savait pas ce qu'elle pensait. Elle était la balance, l'équilibre entre ses deux sœurs. Pouvait-elle pencher d'un côté ou de l'autre, quand l'envie lui prenait ? Elle ne m'avait pas disputé ... par simple désintérêt, ou bien ruminait-elle sa vengeance, dans son esprit ? je pris le bonbon qu'elle me tendait, et le regardai quelques instants avant de le lancer dans ma bouche et de la remercier. J'espérai qu'il ne soit pas empoisonné. Mais non, que je sache il n'y avait eu aucune disparition ni aucun mort à Atlantide, alors il y avait peu de chances que la Déesse me tue pour un affront involontaire. Sa question me fit recouvrir mes esprits, et je hochai la tête, fier comme un coq. ma poitrine se gonfla et je posai ma main sur mon cœur, geste souvent utilisé par les hommes qui se voulaient importants. C'était une sorte de caricature que je me plaisais à employer.

    " Service de la trésorerie, madame. Irwin Liam Chatterton pour vous servir. "


    Je me fis rire tout seul de ma propre absurdité et j'avalai de travers le bonbon, me courbant en deux en toussant. Mais un vent calme et serein, ainsi qu'un atmosphère de paix vint calmer mes spasmes et j'avalai tout naturellement du monde. Qu'est-ce que j'aurais aimé moi-même détenir de tels pouvoirs ! Car il ne faisait aucun doute que c'était Sia Alehandra qui venait d'utiliser l'un de ses dons. Parfois, je me demandais ce qui se passerait si Rea décidait de trahir ses sœurs pour régner comme elle l'entendait. Mais après, je me détendais en me disant que ça n'arriverait pas. Rea était la plus jeune, et, bien qu'elle paraisse terriblement mature et dangereuse, serait incapable de vivre sans ses deux sœurs. C'était une certitude. La présence de Sia, bien que parfaitement relaxante, était aussi gênante. Je ne savais pas quoi lui dire, et j'avais peur de l'importuner. Mais quelque chose me poussait à rester, car cela faisait longtemps que je ne m'étais pas senti aussi calme et bien.

    Avec un sourire à son attention, je m'assis dans l'herbe et regardai autour de moi. Le vent secouait les herbes qui caressaient mes jambes, un parfum de fleurs et de vie emplissait mon nez. Aussitôt une idée se fixa dans mon esprit : c'était ça la vie. Ce n'était pas travailler des heures et des heures sans relâche qui m'apporterait le bonheur. Je n'avais pas d'amis parce que je ne faisais rien pour en avoir. Mais j'avais peur. Est-ce que toutes ces idées disparaitraient en même temps que l'aura de Sia s'éloignerait de moi ? Sans doute. Je m'allongeai et contemplait le ciel, avant de dire d'une voix douce :

    " Pourquoi ? Pourquoi Atlantide ? Ce monde est-il né de votre pouvoir, ou bien de celui de quelqu'un d'autre ? Est-ce seulement un rêve, né de notre propre imagination ? "


    J'avais envie de savoir. Je savais que c'était presque irrespectueux toutes ces questions, mais il fallait que je sache. Je n'étais pas le seul à me poser la question, chacun au fond avait envie de connaître la réponse. Mais peut-être qu'il n'y en avait pas justement, de réponse. peut-être les Déesses ne la connaissait-elle pas non plus. Quelques fois, il m'arrivait d'être effrayé à l'idée de retourner sur Terre. Les choses auraient sans doute bien changé en quelques années. Comment serait ma vie ? Mes parents se souviendraient-ils de moi ? Et si j'oubliais tout ? Alastar et Maya me manqueraient énormément. Le maire de la ville allait bientôt nous quitter, et j'étais persuadé que là-haut il ne se souviendrait pas de nous. Je ne sus pas ce qui me poussa à continuer à voix haute :

    " Je crois que j'ai peur. Je ne veux pas qu'Alastar s'en aille. Je ne veux pas être seul ici.
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MessageSujet: Re: On a pas besoin de quoique ce soit, juste de rêves et de sommeil. [PV IRWIN.]   Dim 18 Mar - 2:46

    Le comportement du jeune homme amusa légèrement la Déesse. Etait-il sérieux en se tenant ainsi pour se présenter, ou s'amusait-il juste à le faire croire ? Irwin Liam Chatterton ... La trésorerie, hein ? Sia ne s'était jamais interéssée aux chiffres, sous n'importe quelle forme. Un jour, par curiosité, elle avait assisté à un cour de mathématiques, mais tout ce que l'enfant qui dispensait ce cour avait réussi à procurer chez elle, c'était une immense envie de dormir. Non, décidément, ceux que les calculs et les nombres intéréssaient devaient avoir un sérieux problème psychologique.

    Le trésorier, pendant les tergiversions de la divinité, avait trouvé le moyen de s'étouffer avec son bonbon. Soupirant, celle-ci se dit que les humains ne savaient vraiment rien faire tout seuls. Que se passerait-il si jamais les Trois Déesses décidaient de prendre des vacances, ou de partir ailleurs créer un nouveau monde, totalement différent ? Atlantide se perdrait, certainement. Elle serait la scène de massacres entre enfants, et finirait décorée de cadavres et de sang, monde oublié, Empire Perdu et abandonné par ses propres régentes. Décidément, la cité ne pourrait pas exister sans elles.

    L'aura calme de Sia sauva l'enfant d'une mort par suffocation. C'était certainement le plus fabuleux des dons qu'elle et ses soeurs pouvaient posséder. Influencer les environs par leur simple aura. Certes, étant donné que chacune de leur aura était différente, elles ne l'influencait pas de la même manière ; Alaska dégageait une sensation de bonté, de joie et de chaleurosité ; Rea, au contraire, émettait la haine, une sensation désagréable, ou de la tristesse ; Sia, le juste milieu comme toujours, se contentait de calmer, d'apaiser ou de rendre indifférent le monde alentour. C'est en calmant Irwin qu'il réussit à avaler le bonbon, tout simplement. Ce don était vraiment le meilleur de tous.

    Il lui sourit. La Déesse n'essaya même pas de le lui retourner, et elle le regarda s'asseoir. Que faire ? S'asseoir à ses côtés signifierait qu'elle acceptait sa compagnie, chose qui n'était pas vraiment le cas, mais s'en aller serait une chose que sa grande soeur lui reprocherait certainement. Elle s'imagina retourner chez elle et voir Alaska venir la réprimander, pendant que Rea rirait derrière elle en lui tendant le pouce, et ferma les yeux. Quoiqu'on puisse dire d'elle, elle était capable d'avoir des sentiments, particulièrement pour ses deux soeurs. Certes, elles étaient très différentes toutes les trois, mais le même sang coulait dans leurs veines, et elles étaient les derniers vestiges de leur famille. Et Sia était plus que consciente que leur fraternité était le chose la plus importante qui soit, et qu'elles étaient destinées à vivre ensemble durant toute leur éternité.

    Sur ces pensées, l'éternelle indifférente s'assit aux côtés du jeune hyperactif. Et l'enfant parla. Un rêve, hein ? La Déesse ne pouvait pas dire qu'elle ne se l'était jamais demandé. En effet, qui pourrait prouver qu'Atlantide n'était pas simplement un rêve qu'elle et ses soeurs faisaient, qu'elles ne se réveilleraient pas un matin aux côtés de leurs parents comme si rien de toute sa création et de sa vie n'était arrivée ? Qui pourait prouver que ce n'était pas les enfants qui rêvaient d'elles, comme des représentations humanoïdes du Bien, du Mal, et du Neutre ? Qui saurait, hein ? Elles, sûrement. Mais pas Sia. Non, Sia n'était pas sûre que ce monde était réel. Mais elle était sûre d'autres choses.

    « Atlantide est un rêve. Un rêve que mes parents ont fait, et qu'ils ont décidé de mettre au monde. Ce sont eux, les Créateurs de cette cité. Je ne peux pas te dire qu'elle est réelle, que ce n'est pas une illusion qu'ils ont créée. Mais ce n'est pas votre rêve, elle existait bien avant vous. Je peux le prouver, j'ai en mémoire chaque moment depuis qu'ils nous ont quittées, mes soeurs et moi. Crois-moi, ça a été suffisamment difficile pour elles de s'en remettre, et de décider de continuer à faire vivre leur rêve, pour prouver qu'Atlantide n'est pas votre rêve, mais le leur. »

    La divinité fit apparaître un service à thé et tendit une tasse pleine à Irwin tout en en prenant une pour elle. Sirotant paisiblement le liquide chaud, elle écouta d'une oreille les tergiversions de l'humain. Peur ? Quest ce qu'était la peur ? Alaska disait que même les Dieux avaient peur, mais Sia ne se rappelait pas avoir déja ressenti ce sentiment. D'un autre côté, elle ne se rappelait pas avoir déja ressenti beaucoup de sentiments. Elle prit un gâteau et le mordilla. Que répondre au trésorier ? Ce n'était pas son rôle de rassurer les enfants, c'était celui de sa grande soeur ! Pourtant, elle comprenait ce qu'il ressentait.

    « Tout le monde a peur d'être seul. Mais tout le monde part un jour, c'est la vie. Alastar va s'en aller, c'est irrémédiable. Mais ça ne veut pas dire que tu seras seul. Son abscence sera compensée par la venue de quelqu'un d'autre. Ainsi va le temps. »

    Sia pensa au départ de ses parents, qui ne l'avait pas atteint aussi fort que ses soeurs, justement parce qu'elles étaient là pour elle, et qu'elle voulait les réconforter plutôt que s'appitoyer sur leur fuite. Chassant d'une main ces souvenirs sombres, la divinité se leva et balaya sa robe de ses paumes. Elle tendit la main à l'humain, le regard au loin.

    « J'ai quelque chose à te montrer. »

    Une fois qu'il eut pris sa main, l'éternelle indifférente plana jusqu'à une clairière éloignée, aux côtés d'une cascade. Elle avait toujours préféré planer à quelques centimètres du sol qu'y marcher, ce qui était certainement une question de flemme.

    La clairière était écairée uniquement par le reflet du soleil sur l'eau, rendant de ce fait l'endroit illuminé par des traits de lumière, féériquement magnifique. C'était le plus bel endroit de l'île pour la divinité. Mais elle continua à planer jusqu'à passer derrière la cascade. L'eau sur ses épaules n'était pas un problème, mais étant donné que c'était certainement le cas de l'humain, elle l'enveloppa d'une barrière invisible lui permettant de respirer sous l'eau et de ne pas être mouillé par celle-çi. Une fois au sec, la Déesse passa sa main sur les pierres humides de la grotte cachée, avançant jusqu'à son extrémité. C'est là qu'elle lâcha la main de l'humain pour dépoussiérer une gravure dans le mur.

    Il réprésentait la famille Alehandra, parents et filles. Elle avait certainement été réalisée il y a un bon moment, étant donné que Rea avait physiquement un an dessus, pendant que Sia approchait de huit ans et Alaska de la quinzaine ; ce qu'elle avait oublié, c'est qu'elle l'avait fait elle-même, lorsqu'elle était enfant, et qu'elle l'avait oublié, préférant de loin se dire qu'une autre personne que les filles Alehandra avaient connu leurs parents. Leur père, grand et robuste, avait un sourire fier et tenait sa femme par la taille, l'autre main portant la benjamine. Leur mère avait le plus beau sourire de tous les temps, tendre et aimant, ses bras autour du cou de l'aînée, protecteurs. Alaska souriait de manière pratiquement identique à sa génitrice, et dégageait déja cette bonté immense qui l'animait à présent. Rea, étrangement, avait un petit sourire timide, la tête penchée sur le côté ; on aurait pu jurer que ce n'était pas elle, si ses traits n'avaient pas été représentés à la perfection. Quant à Sia, elle était pareille à maintenant, neutre, quoique ses yeux pétillaient plus.

    « C'est la famille Alehandra. Lorsque nos parents sont partis, il restait tout de même nous. Et c'est pour ça que vous êtes là. Pour ne plus jamais avoir à être seuls, abandonnés, tristes, ou effrayés. Ne te demande pas ce qui se passera plus tard, ne pense pas à ce qu'il s'est passé, profite juste du temps qu'il te reste dans ce monde de paix. On se fiche d'hier ou de demain, ce qui compte c'est aujourd'hui. Et quand ton ami partira, d'autres apparaîtrons pour le remplacer dans ton coeur. C'est ça, la vie. Tu comprends, Irwin ? »

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    « Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ? »



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